Quelle est la réglementation en vigueur sur le lait de croissance ?

Le lait maternel est le seul lait répondant parfaitement aux besoins spécifiques des bébés. Si la maman ne souhaite pas allaiter, ou pour prendre le relais après le sevrage, on se tournera vers les laits infantiles.

Le lait de croissance (LC) est recommandé à partir de 10/12 mois et jusqu’à l’âge de 3 ans, car en comparaison avec une consommation de lait de vache « classique », il répond mieux aux besoins nutritionnels des enfants en bas âge, du fait de sa teneur en fer, acides gras essentiels et vitamines, tout en limitant l’apport de protéines et de sels minéraux.

 

En tant qu’aliment de nutrition infantile destiné aux enfants de moins de trois ans, il est soumis à des normes strictes concernant sa composition avant d’être mis sur le marché.

 

Lait de croissance : quelle réglementation ?

Il n’y a jamais eu au niveau européen une réglementation qui régisse en tant que tel le lait de croissance. En revanche, la directive européenne 2009/39 indiquait, dans un de ses articles, que tout produit clairement destiné par son emballage ou un texte à une population ayant des besoins nutritionnels particuliers devait se conformer aux besoins nutritionnels et de fragilité de cette population. Cela impliquait qu’un lait « marketé » à destination des enfants de 12 à 36 mois devait répondre aux besoins de ceux-ci. De plus, cette même directive permettait de positionner des laits destinés aux enfants de 10/12 à 36 mois en se conformant aux critères des laits de suite (2e âge).

Depuis 2016, cette directive a été abrogée et le règlement qui la remplace n’impose plus ces 2 exigences. Mais en France, un arrêté de 1978 impose les critères d’une préparation de suite pour un aliment lacté destiné aux enfants en bas âge (dénomination réglementaire du LC). Malgré l’abrogation de la directive européenne 2009/39, l’administration française n’a donc pas annulé cet arrêté de 1978, de façon à garder un cadre réglementaire pour continuer à protéger les petits consommateurs français.

 

Ce cadre réglementaire a néanmoins besoin d’être revu pour lui redonner des bases juridiques solides, et c’est ce que s’emploie à faire la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF). L’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA) s’est positionnée pour soutenir la DGCCRF dans cet objectif, pour éviter l’arrivée sur le marché français de « pseudo-laits » de croissance, qui ne répondraient pas aux critères d’exigence respectés jusqu’ici. Actuellement, les LC du marché français sont de bonne qualité, avec des formules de type préparation de suite. Bien que l’Europe n’ait pas souhaité un cadre spécifique pour encadrer les LC, la Suisse et la République Tchèque ont décidé d’une réglementation nationale. Les Pays Bas et l’Allemagne y réfléchissent.

 

Les obligations à respecter en matière d’étiquetage

Les fabricants doivent impérativement mentionner sur les emballages : l’âge auquel est destiné le produit, et toutes les informations relatives à sa bonne préparation et conservation. Aussi, il leur est strictement interdit d’utiliser des termes comme « adapté », « humanisé » ou « maternisé » pour désigner un lait infantile.

Par ailleurs, le règlement sur les allégations nutritionnelles et santé impose que toute affirmation d’un bénéfice pour la santé doit être autorisée, avant toute communication auprès du grand public.

 

Une nouvelle règlementation mise en place en 2020

A partir de 2020, les laits infantiles 1er âge et 2e âge devront justifier d’un apport de 14 à 35 mg de DHA aux 100 ml (acide docosahexaénoïque, un acide gras essentiel de la famille des oméga 3). Cet acide gras joue un rôle majeur dans le développement cérébral et sensoriel, ainsi que dans de nombreuses fonctions physiologiques (voir notre article sur l’importance des acides gras essentiels dans l’alimentation du bébé). Cette nouvelle réglementation ne s’appliquera pas aux laits de croissance, mais la composition de ceux-ci devra s’aligner sur la composition des laits 2e âge, selon l’arrêté de 1978. Cependant, à cet âge, l’apport de DHA peut être réalisé par la consommation de poisson, en particulier les poissons gras, dans le cadre d’une alimentation diversifiée.

 

Source Mpedia, le site pour les parents par les professionnels de santé de l’enfant

http://www.mpedia.fr/523-laits-croissance.html

http://www.mpedia.fr/310-choix-laits-croissance.html

http://www.mpedia.fr/536-acides-gras-essentiels-ans.html

 

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