Le lait 1/2 écrémé de chèvre, moins riche que le lait de vache, pourrait-il remplacer le lait de croissance ?

Par rapport au lait maternel, le lait de vache apporte 3 fois trop de protéines et le lait de chèvre 4 fois trop ! Dans le lait de croissance, le taux de protéine est abaissé à 1,8 g/100ml en moyenne (vs 3,6g/100ml pour le lait de vache). En effet, si l’apport protéique est indispensable pour la croissance et le développement cérébral, il ne faut pas en consommer trop : augmentation du travail des reins du bébé immatures à cet âge, et risque de surpoids et d’obésité ultérieurement. Les enfants français consomment en moyenne 4 fois plus de protéines que les apports recommandés, et l’utilisation du lait de croissance est une bonne façon de limiter cet excès.

Le terme « demi-écrémé » signifie que le taux de matières grasses est réduit de moitié mais le taux de protéines reste inchangé.

D’autre part il ne faut pas considérer que la quantité de protéines mais s’intéresser aussi à leur qualité. Les protéines du lait maternel sont les protéines de référence pour l’alimentation du bébé, alors que la composition en acides aminés des protéines du lait d’autres espèces animales diffère de ce modèle. Pour limiter cette différence de composition, certains laits infantiles ont été améliorés. Outre l’excès de protéines, le lait de chèvre ne répond pas aux besoins nutritionnels d’un nourrisson :

  • Il n’apporte pas assez de glucides par rapport au lait maternel (4,5 au lieu de 7,5 g/100ml de lactose), alors que le taux de glucides du lait de croissance est proche de celui du lait maternel.
  • Les apports de sels minéraux du lait de chèvre sont excessifs par rapport au lait maternel, ce qui majore le travail des reins : 135 mg/100ml de calcium au lieu de 36 dans le lait maternel et 79 dans le lait de croissance.
  • L’apport de fer dans le lait de chèvre est très insuffisant, encore plus que dans le lait de vache et comme le fer contenu dans le lait de vache, il s’agit de fer très mal absorbé : ceci peut entraîner une anémie, un ralentissement du développement cérébral, ou une augmentation de fréquence des infections. Pour un apport de fer correct, le lait de croissance contient 30 fois plus de fer que le lait de vache et 55 fois plus que le lait de chèvre !
  • Les apports en acides gras essentiels, indispensables à différents métabolismes et au développement cérébral, sont très faibles, en particulier pour les omégas 3, alors que les apports sont corrects dans le lait de croissance.
  • Les apports vitaminiques sont insuffisants dans le lait de chèvre et extrêmement faibles pour l’acide folique (vitamine B9), alors que les apports sont corrects dans le lait de croissance.

Enfin il existe un risque d’allergie aux protéines du lait de chèvre.

Le lait de chèvre n’est donc pas recommandé chez les nourrissons, car il ne répond pas aux besoins nutritionnels des jeunes enfants, contrairement au lait de croissance.

 

Source Mpedia, le site pour les parents par les professionnels de santé de l'enfant, 23 mars 2017

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