Intolérance au lactose ou allergie aux protéines de lait de vache (APLV) : comment les détecter et y répondre ?

Il existe deux types de pathologies liées au lait de vache, trop souvent confondues : l’intolérance au lactose et l’allergie aux protéines de lait de vache (APLV). Quelles sont leurs différences et comment les diagnostiquer ? Et surtout, que faire lorsqu’elles sont détectées ou suspectées, afin d’adapter au mieux l’alimentation des bébés et jeunes enfants ?

 

L’intolérance au lactose : une situation très rare

 

Le lactose est un sucre simple, présent dans le lait des mammifères, et donc également dans le lait maternel. Il convient de distinguer une réelle intolérance au lactose (l’intestin ne fabrique pas de lactase, l’enzyme qui permet la digestion du lactose), et la mal-digestion du lactose, qui existe chez certains bébés qui reçoivent trop de lactose par rapport à la quantité de lactase que leur intestin peut sécréter.

 

  • Mal-digestion du lactose :
    Plus probable chez le nourrisson, elle survient lorsqu’une partie du lactose consommé n’est pas digéré et parvient intact dans le colon, ce qui créé une fermentation réalisée par les bactéries de la flore intestinale (selles liquides, acides et production de gaz). Ce diagnostic est évoqué devant des pleurs survenant après un intervalle libre de 20 à 30 minutes après chaque tétée, et s’accompagnent de douleurs abdominales, de selles liquides et acides ou une diarrhée, de ballonnements et d’émission de gaz, et parfois d’un érythème fessier. Le diagnostic est confirmé par l’amélioration des symptômes avec un lait moins riche en lactose.

 

  • Réelle intolérance au lactose (absence de sécrétion de lactase) :
    Très exceptionnelle, elle peut être responsable de ballonnements et de selles diarrhéiques, et sera diagnostiquée par une mesure d’acidité des selles. Le pH observé est alors de 4 ou 5, alors qu’il devrait se situer autour de 7. Un test à l’hydrogène expiré peut également être effectué en milieu hospitalier.  Indolore, ce test ne nécessite pas de prise de sang. Il s’agit de donner une quantité déterminée de lactose à boire et de mesurer la quantité d’hydrogène dans l’air expiré.

 

 

  • Diminution normale de la production de lactase avec l’âge
    L’enfant, comme tout mammifère, n’a plus besoin de digérer le lactose après le sevrage puisqu’il ne reçoit théoriquement plus de lait. Il en résulte une forte diminution de production de lactase par l’intestin. Par contre, il peut digérer les laitages et fromages qui sont pauvres en lactose. Cette difficulté, normale avec l’âge, à digérer le lactose est peu marquée chez les Européens et Américains, mais elle peut cependant être importante chez certains enfants de ces pays.

 

 

L’Allergie aux protéines de lait de vache, ou APLV

 

Une allergie se manifeste par une réaction anormale et excessive de l'organisme au contact d'une substance habituellement tolérée par la majorité des gens. Un « terrain familial » prédispose souvent l’enfant : le risque est de 33% si un frère ou une sœur est allergique aux protéines de lait de vache.

Cette réaction immunitaire dirigée contre les protéines du lait de vache (la principale protéine étant la caséine, mais l’enfant peut également être allergique aux protéines solubles) est donc à distinguer d’une intolérance au lactose, car on trouvera des protéines de lait de vache dans un lait (préparation pour nourrisson ou lait de suite) sans lactose.

 

Comme les autres allergies alimentaires, l’APLV se manifeste par des signes cliniques très divers : pleurs plus ou moins rapidement après le biberon, maux de ventre, vomissements, problèmes intestinaux, mauvaise prise de poids, réactions cutanées (eczéma, urticaire, gonflement des paupières et d’autres parties du corps), ou problèmes respiratoires (asthme).

La complication la plus grave est un choc anaphylactique, où l’enfant est en danger vital : les symptômes apparaissent dès l'ingestion du lait (rougeurs et démangeaisons, le visage peut gonfler, la voix devenir rauque – signes d'un œdème de Quincke-, maux de ventre, vomissements, respiration difficile, forte baisse de tension). Un traitement doit être effectué en urgence.

 

Le diagnostic d’APLV peut se faire par des tests biologiques, qui permettront de déterminer la forme d’allergie concernée :

  • L’allergie IgE-médiée : prick-test (petite piqure de la peau à travers une goutte de lait), et par le dosage sanguin des anticorps IgE anti PLV (RAST). Ces 2 tests peuvent ne pas être positifs, surtout chez le très jeune enfant.
  • L’allergie non IgE-médiée : Diallertest, sachant que la sensibilité de ce test est très faible chez le nourrisson et  augmente avec l’âge (50% à 6 mois et 82% à 1 an), si bien qu’il n’est pratiquement plus utilisé..

 

Attention, la négativité de ces tests et examens para cliniques n’élimine pas le diagnostic. La suspicion clinique peut être suffisamment forte pour conduire à un test d’éviction des PLV. Dans les deux cas, le diagnostic n’est donc réellement confirmé que par la disparition des signes cliniques (rougeurs cutanées par exemple) en essayant un régime excluant totalement les PLV.

 

Intolérance au lactose ou APLV : quel lait donner ?

 

Si le terrain familial atopique prédispose votre bébé à être allergique (parent et/ou frère et/ou sœur présentant allergie / asthme / eczéma), l’allaitement maternel est particulièrement recommandé et constitue la meilleure prévention contre ce risque, même s’il n’est pas efficace à 100%.

 

En cas de mal-digestion du lactose, on préconisera un lait moins riche en lactose, et éventuellement enrichi en lactase.

 

En cas de réelle intolérance au lactose, on s’orientera vers un lait sans lactose :

  • Diargal, Diarinova, Modilac expert SL, Picot SL, Nutriben sans lactose.
  • Modilac riz, Modilac riz AR.

 

Si une APLV est diagnostiquée, un lait spécifique sera prescrit. Il en existe deux types : les hydrolysats extensifs de protéines du lait de vache (Allernova AR®, Althera®, Galliagène®, Nutriben®, Nutramigen LGG®, Peptijunior®, Prégestimil®), et les hydrolysats de protéines de riz (Modilac expert Riz®, Modilac Riz AR®, Novalac Riz®). Dans le cadre de la diversification alimentaire, le fait qu’un enfant soit allergique au lait de vache ne modifie pas les modalités d’introduction des aliments autre que le lait et les produits laitiers (yaourts et fromages), qu’il faudra éviter.

 

Source Mpedia, le site pour les parents par les professionnels de santé de l’enfant

http://www.mpedia.fr/143-prevention-allergies.html

http://www.mpedia.fr/539-alimentation-bebe-aplv-mois.html

http://www.mpedia.fr/196-allergie.html

http://www.mpedia.fr/question-9003-choix-lait-suspicion-aplv.html

http://www.mpedia.fr/question-2463-intolerance-aux-proteines-lait.html

L’alimentation de 0 à 1 an, Questions de parents – les réponses de nos experts, mpedia, édition 2017

 

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